Les questions-réponses en psycho

QUESTION

Bonjour, J'ai une petite fille de 22 mois qui accepte de faire pipi sur le pot (elle demande parfois mais assez rarement) mais qui refuse d'y faire ces selles. Quand j'avais acheté le pot elle avait immédiatement fait des selles et j'ai eu l'impression qu'elle a eu peur. Je lui explique que les selles sont normales que tout le monde en a (êtres humains, animaux), je lui explique aussi que c'est ce que l'on mange qui se transforme et que l'on évacue parce que l'on n'en a plus besoin. Que faire ou que dire pour l'encourager à passer ce cap. Autre chose, quand je prends ma douche, elle reste dans la salle de bain et me regarde sans curiosité particulière semble t-il. Mais il me vient un doute. Devrais-je fermer la porte. Je suis plutôt pudique avec autrui mais avec mon enfant je n'y pense pas et je crains de mal agir. Merci de me répondre. Fr. Ch.

LA RÉPONSE DE DENISE VINCENT

Vous avez des difficultés avec l’apprentissage de la propreté de votre petite fille de 22 mois qui accepte de faire pipi dans son pot mais qui refuse d’y faire ses selles. Un enfant accepte plus facilement de se séparer de ses urines que de ses selles. Les selles représentent pour le jeune enfant, par leur volume et par leur consistance, quelque chose comme une partie de son corps dont il aurait à se séparer. Comme vous en faites très bien la remarque, dans le même temps, quand vous prenez votre douche, elle vous regarde, sans curiosité particulière, dites-vous. Elle vérifie de cette manière que, comme elle, vous n’avez pas de zizi. 
Une petite fille n’a pas la même angoisse que le petit garçon de le perdre puisqu’elle n’en a jamais eu (lisez la réponse précédente que j’adresse aux parents d’un petit garçon de quatre ans). Mais elle peut se demander si dans un temps antérieur elle ne l’aurait pas eu, si elle n’aurait pas subi un préjudice. De là vient peut -être ce déplacement de la crainte de la perte sur sa fonction anale et sa réticence à lâcher ses selles. Les selles peuvent être cet objet oblong qui ressemble par sa forme à un zizi et dont sa mère s’empare.
Nous retrouvons sous une autre forme la même préoccupation de la perte que chez le petit garçon. Vous lui avez expliqué que ce qu’on mange se transforme et qu’on évacue ce dont on n’a plus besoin. Valorisez cependant ce “cadeau” qu’elle vous fait avec réticence.
Vous pouvez lui montrer à l’occasion d’une promenade à la campagne que même le fumier des vaches peut être utile pour faire de l’engrais dans les champs.