Les questions-réponses en psycho

QUESTION

Une maman de Saint Basile le Grand, désespérée, mère de trois enfants dont la petite dernière, de dix huit mois, et qui depuis qu'elle en a six, ne tolère aucun étranger, qui a des crises de larmes jusqu'à en vomir et qui contraint sa famille à n'inviter plus personne à la maison.

LA REPONSE DE DENISE VINCENT

Il est tout à fait exact que l'enfant vers six mois, du fait de ses progrès dans la reconnaissance de ses proches, se met à détourner la tête, ou se met à pleurer devant une tête nouvelle. Il enfouit sa tête dans le cou ou le giron de maman et jette des regards en coulisse pour confirmer que vraiment cette personne il ne la connaît pas et il la refuse. Cette peur de la nouveauté est en général passagère et se prolonge rarement au delà de quelques semaines. Mais votre petite Dominique, elle, ne veut rien savoir. Au sens propre, elle ne veut rien savoir de ce qui est indispensable à son développement. Elle redoute à ce point le monde extérieur qu'en dehors de sa famille, le reste du monde est peuplé d'étrangers. C'est une petite fille très craintive, et ce serait plus facile s'il s'agissait de la peur des chiens, la peur des souris, la peur des araignées ou la peur du noir. Pour elle ce qui lui fait peur c'est le monde extérieur tout entier. Il est plus facile de combattre un danger qui est localisé, mais quand il s'agit d'une peur diffuse il ne lui reste plus comme solution qu'à se barricader dans sa peur.
Vous ne dites rien du père de cette petite fille? Fait-il partie des intimes ou des étrangers? Puisque, je le suppose, il travaille à l'extérieur, c'est lui qui pourrait servir d'intermédiaire entre le dedans et le dehors. Son rôle est donc tout à fait essentiel. Etiez-vous comme votre petite fille, collée à votre mère quand vous étiez enfant? Il y a des femmes qui générations après générations transmettent leur peur panique, leurs angoisses. Le vertige, les phobies, la peur de l'étranger ça se "passe", ça se communique souvent de mère à fille.
Courage Luce, sortez, bougez, faites-lui rencontrer des enfants de son âge. Lâchez là, ne l'enfermez plus dans vos bras, laissez-lui découvrir le monde de préférence en compagnie de son père et de ses frère et soeur. Mais si cette peur continuait encore au point de paralyser la vie de famille, vous auriez besoin de parler avec un médecin ou un psychanalyste, votre petite fille sur vos genoux. Ce que vous avez à élaborer vous concerne toutes les deux au même titre.