Les questions-réponses en psycho

QUE FAIRE QUAND ILS ONT PEUR?...

Je reçois des messages émouvants de maman prise d'angoisse devant les symptômes violents de leur enfant qui leur paraissent incompréhensibles. J'en rappelle quelques uns pour montrer qu'ils ne sont pas suffisamment explicites pour qu'il puisse y être répondu directement:
- « ma fille de 2O mois fait des cauchemars toutes les nuits. Son cri déchire la nuit . Non , non, maman, non »

- « Ma fille a un tempérament de caractérielle. Si on lui refuse quelque chose elle hurle, pleure et se roule par terre »

- « Ma fille frappe la nounou quand elle arrive le matin et elle refuse de la laisser rentrer. Pour tant on est sûre qu'elle est gentille avec les enfants et qu'elle ne leur fait pas de mal »

Je reprends donc ce problème des jeunes enfants qui ont des réactions très agressives inexpliquées, qui ont des cauchemars et qui crient dans leur sommeil, comme cette petite fille de 20 mois dont le cri déchire la nuit. Les cauchemars des enfants sont toujours très impressionnants parce que les parents sont pris à témoin qu'ils sont entièrement envahis par ce qu'ils imaginent et qu'ils hurlent de frayeur. Il faut aider ses enfants à sortir de leur sommeil avec des paroles apaisantes qui vont l'aider à s'extraire d'une scène imaginaire intolérable. L'enfant se calme souvent sans même sortir du sommeil tout à fait et se rendort après avoir reçu un câlin. Ces cauchemars peuvent être consécutifs à un événement dans la famille qui a ébranlé le sentiment de sécurité de l'enfant. Il revit dans son sommeil une scène incompréhensible au cours de laquelle ses parents se sont disputés ou battus, ou le moment où une mauvaise nouvelle a fait qu'un de ses proches a brusquement changé d'expression ou à éclaté en sanglots par exemple. Un enfant de 20 mois entre en communication inconsciente avec ce qui affecte ses parents et plus particulièrement sa mère. Si ces événements n'ont pas été verbalisés, expliqués, l'enfant continue à halluciner la scène incompréhensible. Même si la scène a été particulièrement violente l'enfant peut s'apaiser et reprendre confiance si des mots ont été donnés qui humanisent le traumatisme. Par exemple des enfants qui ont été victimes d'un accident automobile, qui ont été les témoins de corps blessés parmi leurs proches, ont besoin d'être rassurés avec des mots qui les concernent. Ils peuvent avoir entendu le récit de l'accident mille et une fois et jamais le discours tenu par les adultes ne s'est adressé à eux. Ils restent bâillonnés dans leur impuissance. La scène réelle se répète dans leur sommeil comme dans une tentative de la rendre plus assimilable. A la mère de cette enfant de 20 mois qui appelle sa mère dans la nuit en hurlant, je conseille de consulter un médecin ou un psy. Ce n'est pas de calmants dont elle a besoin, mais de parler avec lui et l'enfant de ce qui a pu de cette façon la marquer durablement et être cause de ces cauchemars et de cette angoisse persistante.