Les questions-réponses en psycho

QUESTION

J'ai deux enfants qui n'ont que 18 mois de différence. Depuis le début de la puberté, ils sont excessivement jaloux l'un de l'autre. Jaloux du pull (ou du pantalon, ou des chaussures) de l'autre, jaloux des notes de l'autre, jaloux des copains de l'autre, jaloux du temps passé (par moi) avec l'autre, jaloux de ce que l'autre mange ("Al. en a eu plus", "Ar. a toujours le droit de manger ce qu'il aime"...), jaloux d'être toujours "celui qui prend", ou d'être toujours celui qui aide ("c'est toujours moi qui me lève"). Leur seul point commun, pour l'instant, semble être d'être tous les deux convaincus que l'autre est le chouchou... Que faire?...

LA RÉPONSE DE JEAN MARIE FORGET

Contrairement à l'apparence, ce qui est important pour un frère jaloux n'est pas l'autre frère dont il est jaloux, mais ce qui est l'enjeu de la jalousie, la mère. L'important pour chacun est sa mère et la manière dont elle le situe et lui assigne une place distincte. 
L'issue à ce type de situation est à chercher du côté des parents. 
Êtes-vous seule à vous poser ces questions ? Qu'en est-il du père de vos enfants ? Que dit-il de tout ceci ? Comment en tant que parents pouvez-vous réintroduire une référence à la différence entre vos deux fils ? Il y a un aîné, qui a vécu 18 mois comme fils unique. Comment faire référence à cela sans pour autant blesser le second ? Ils sont sans doute dans des classes de niveaux différents ? Ils ont sans doute des intérêts, ils ont fait ou vont faire des choix, différents. Comment souligner ces différences, en a-parte avec l'un puis avec l'autre ? 
Le désagrément qu'ils peuvent ressentir à de telles sollicitations de votre part n'est pas signe de souffrance mais la marque d'une différence expérimentée. Elle s'accompagne d'un soulagement intérieur. 
Voici quelques axes de réflexions. Pour réintroduire ces marques de différences, profitez ou favorisez l'aide d'un interlocuteur extérieur, familier à ce genre de questions, autant que possible.