|
L'INCESTE. FANTASME OU RÉALITÉ ?
Numéro 3
On se souvient de la controverse il y a quelques années, en 1996 je crois à propos du procès et de la condamnation de deux membres du groupe NTM (nique ta mère) pour incitation à la violence contre les fonctionnaires municipaux par le tribunal de Toulon, ville qui a eu une municipalité d'extrême droite. Un hebdomadaire a titré "La prison pour NTM: l'insulte faite aux jeunes". Il a été réconfortant de constater que ce sont les lecteurs eux-mêmes de ce journal qui ont renvoyé la rédaction à un peu plus de mesure : "Gare au jeunisme et à la démagogie facile. C'est votre discours qui favorise les idées du FN-NTM n'est comparable ni à Brassens, ni à Malraux..."
Raymond Devos, invité à donner son point de vue a déclaré: "Nique ta mère, j'aime pas ça du tout. C'est un mot de passe qui a quelque chose de dégradant. Je m'étonne toujours quand quelqu'un viole le sens moral... Il faut pousser un cri d'alarme" . On n'en attendait pas moins de quelqu'un qui sait ce qu'est le langage et le rapport à la parole. Les NTM, avec leurs incantations ne sont pas les meilleurs instruments pour lever notre refoulement oedipien.
Tout n'est pas à dire. Tout n'est pas à montrer. Les films pornographiques, de la même façon, ne libère pas des effets du refoulement. Ce à quoi nous invite la psychanalyse, c'est à un autre usage du langage. Le langage ne cache ni ne montre, il donne à entendre. Les adultes n'ont pas à enfreindre les règles de l'interdit de l'inceste, même s'il ne s'agit que d'incitations verbales.
Si la psychanalyse a mis un temps l'accent sur les effets de la répression sexuelle, répression sur la vie pulsionnelle, et l'a dénoncée comme génératrice de névrose, Freud néanmoins n'a pas adhéré aux efforts de libération sexuelle prônée par Wilhem Reich. Pour Freud la répression, la c
|