|
Médée contre Marie
L'amour pur, inné, sans discours, allant du fort au faible et destiné à protéger la
vie : rien ne donne mieux l'idée d'un agencement harmonieux et paisible de l'univers.
Observons, attentivement toutefois, cette mère qui lèche ses petits ou leur abandonne,
les yeux clos, ses tétons : manifestement elle jouit. Dans le règne animal, nous
ignorons de quoi. Chez les humains, la cause en est repérable et -hélas pour notre
mythe- dénaturée. Car cet amour paraît, dans leur cas, bien plus égoïste qu'altruiste
et moins destiné à transmettre la vie qu'à se satisfaire du petit bout dont l'élevage,
s'il devient grand et beau, fera fierté.
Freud disait que le seul amour accompli observable était celui qui pouvait s'établir
entre une mère et son fils. Mais, il n'a pas ajouté que c'était au prix du risque d'en
faire un homosexuel. Aussi, une intervention ordinaire du pédopsychanalyste sera-t-elle
de tenter de couper le fil, qui peut unir de trop près une mère et son produit, tout en
réalisant, au passage, la ligature de son sexe.
Voilà donc un instinct maternel, qui réclame l'intervention régulatrice d'un père pour
ne pas trop châtrer, une fille aussi bien d'ailleurs, qui peut se retrouver bridée dans
sa féminité.
Mais, cet instinct amoureux peut, aussi bien, être meurtrier. Les psychiatres connaissent
bien l'angoisse de ces mères, qui vivent dans la crainte que leur enfant ne disparaisse,
et qui n'est que l'expression retournée d'un voeu de mort. N'est-ce pas ainsi qu'il
serait à jamais le leur, sublime et sanctifié ?
Il est vrai, toutefois, qu'une femme se présente si volontiers comme dépossédée, qu'on
est tenté de lui laisser au moins la possession d'un enfant. Et c'est lui qui, plus tard,
en reparlera, sans comprendre.
J'attends vos remarques sur femiweb.com elle
me feront avancer dans ma réfléxion. Merci. |
|