Les grands noms de la psychanalyse

Patrick LANDMAN

SIGMUND FREUD

Freud le militant de la cause analytique

Tout au long de sa vie, Freud a cherché à transmettre et à sauvegarder sa théorie. Le mouvement analytique s'est construit autour de lui, avec des disciples et des dissidences. Parmi les dissidents, il convient de noter Adler et Jung.

Adler a quitté Freud en 1910. Il développait alors la thèse de la protestation mâle qu'il considérait comme le problème central des névroses. Freud jugeait sa théorie réductrice. Il l'accusait de s'enfermer dans un esprit de système contraire à la psychanalyse. Dans cette dissidence, il y avait aussi une dimension politique.

Le plus célèbre dissident reste Carl Gustav Jung. Freud espérait faire de Jung, le non juif, son disciple, fenêtre ouverte sur l'universel pour échapper au ghetto dans lequel les adversaires de la psychanalyse l'enfermaient. La jalousie, l'esprit de vengeance ont joué un rôle dans la dispute Freud-Jung, mais aussi des conflits doctrinaux. La rupture s'échelonne de 1911 à 1914. Sur le plan scientifique, Jung a développé une théorie de la libido qui refuse le "pan-sexualisme" freudien. Plus tard, Jung parlera d'inconscient collectif, notion que Freud a toujours refusée. Il sera accusé de dérive mystique religieuse. 
Il faut aussi évoquer les compagnons célèbres de Freud, Fandor Ferenczi et Karl Abraham. Ces hommes ont contribué, autour de Freud et avec d'autres, au développement de la psychanalyse, à ses avancées, à ses points de résistance. Un siècle plus tard, malgré bien des oppositions et des dénigrements, la psychanalyse, œuvre de Freud, reste la voie de l'élucidation rationnelle du désir sexuel par une expérience éthique qui reconnaît l'importance de la subjectivité dans le monde moderne ou post-moderne