| Les grands noms de la psychanalyse |
SIGMUND FREUDLes années de formation, le début de l'âge adulteA partir de 1876, Freud commence vraiment sa formation. Travail de chercheur, de laboratoire, neuroanatomie, neurophysiologie, il se dirige vers une carrière de neurologue et de chercheur scientifique. Parallèlement, il lit et relit Shakespeare, Goethe, Schiller, Cerventes, suit les cours du philosophe Brentano. Il ne fit, au cours des années passées au laboratoire de son maître E. Brucke, aucune publication décisive. En 1882 il fait la connaissance de Martha Bernays. Leurs fiançailles, très longues, s'achèvent par leur mariage en 1886. Freud a entretenu une longue correspondance avec sa fiancée dans laquelle il dévoile beaucoup de traits de personnalité inédits. Dans les années 1880, Freud se lie d'amitié avec Breuer, celui à qui il attribue le mérite d'avoir découvert la psychanalyse. Breuer traite les hystériques par la méthode hypnotique, il mettra Freud sur la voie de l'origine sexuelle des névroses en lui parlant des "secrets d'alcôve" à propos de l'étiologie de l'hystérie. Dans le même sens Charcot, psychiatre français et Chrobak, médecin viennois affirment l'étiologie sexuelle de l'hystérie, l'un en disant "c'est toujours la chose génitale, toujours, toujours, toujours". et l'autre : "le mal ne comporte qu'un seul traitement, nous le connaissons bien mais nous ne pouvons l'ordonner; le voici : penis normalis dosim repetitur". Freud ne pourra jamais effacer ces réflexions, au cœur d'une question souterraine qui le mènera à sa découverte. A ce propos, il se formulera aussi une question clé "puisqu'ils le savent, pourquoi ne le disent-ils pas ?", question qui participera à l'élaboration du concept de résistance. L'année 1884 est occupée par les recherches sur les propriétés de la cocaïne; Freud soupçonne les qualités anesthésiques de ce produit, mais c'est Koller qui les découvrira. Freud rate de peu une grande découverte scientifique; pire, l'utilisation intempestive de la cocaïne comme analgésique sur son collègue et ami Fleischl qui voit son état s'aggraver vaudra à Freud une critique, une désapprobation du milieu médical. Il est à la recherche, son ambition est avouée dans sa correspondance privée, d'une découverte qui le rende célèbre. Après avoir obtenu le titre de Privat Dozent, il part à Paris en 1885 pour faire un stage dans le service de Charcot à la Salpétriere. La rencontre avec Charcot, le grand neurologue français est un tournent décisif de sa formation. Il se fait apprécier de celui-ci et lui propose de traduire en allemand son œuvre. Mais surtout, il admire le courage intellectuel de cet homme qui lui dit un jour a propos d'un fait qui démentait toutes les théories : "ça n'empêche pas d'exister", "un mot qui me laissa dans l'esprit une trace ineffaçable" dira Freud. De plus il tire de son séjour chez Charcot un enseignement crucial lors des présentations de malades hystériques : il existe des pensées séparées de la conscience. De retour à Vienne en 1886, il s'installe comme médecin dans le privé, poursuit sa formation à Nancy chez Bernheim et Liebault, maîtres de la technique hypnotique, et publia un livre sur l'aphasie. Mais le tournant se situe en 1895 environ. A partir de cette année, tout l'effort de Freud sera dirigé vers la psychanalyse. |