| La cellule familiale |
LA JALOUSIEVolets et jalousie Il faut bien le dire : ce n'est pas moi qui suis jaloux, c'est Lui, Dieu. Ou du moins, c'est bien Lui qui a commencé. Ainsi il a exigé qu'on n'adore que lui seul, et j'obéis. De même, bien sûr, obéit ma conjointe, qui l'écoute scrupuleusement, en outre, quand Il attend que nous ne fassions qu'une seule chair. Serais-je assez vil pour - à cause d'une fantaisie - la laisser amputée d'une moitié d'elle-même, moi ? Ainsi réalisons-nous ensemble un totem dont le clivage réduirait chacun à un petit tas de poussières. Le désir, bien entendu, folâtre de son côté et a pour méchanceté de désirer toujours autre chose. Comment concilier ce disjoncteur avec le serment de fidélité fait à elle, à Lui ? Le plus cocasse est que si c'est elle qui le rompt c'est bien souvent pour Lui, l'installant en tiers dans le ménage, qu'il est maintenant chargé de réguler. Et comment ne pas être jaloux de ce Voyeur qu'elle préfère et dont l'autorité me ramène à l'état de petit garçon ? Si un ménage est ainsi toujours ménage à trois qui se jalousent réciproquement, mieux vaut tirer les volets. |