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LE PACS
Réponse de Charles Melman à Corine Goldberger (la suite)
Ma chère Corine,
Merci de me donner l'occasion de m'expliquer. Lorsqu'un propos se fonde sur les
préférences d'un "Je", il s'oppose à d'autres propos dont les "je"
font des choix différents. Faute d'idéaux ou d'une rationalité qui seraient pour tous,
se constituent de la sorte des groupes spécifiés par leur éthique, leur sexe, leur
jouissance, leur revendications, leur situation légale etc. C'est ainsi qu'une société
se retrouve clivée par la ségrégation. Si vous et mois essayons de discuter, c'est bien
pourtant que nous supposons partager la même rationalité, pas seulement celle commandée
par l'appartenance à tel groupe d'intérêts.
Deux traits à mes yeux - ils se veulent logiques et non pas sentimentaux -
déconsidèrent le PACS.
C'est une union commandée par l'intérêt.
Il introduit la ségrégation dans le mariage.
La question n'est pas de défendre le mariage, qui s'en moque ; ce n'est pas une personne.
Mais c'est une institution, qui ne peut être que la fête de l'ensemble de la communauté
puisqu'il en marque la vitalité et lui promet un avenir.
Bien sûr, l'union libre se passe de cette référence en peut préférer que la fête
reste purement privée. Mais voulez-vous remarquer, chère Corine, l'existence fréquente,
même dans ce cas, d'une instance tierce dont la prévalence agit pour maintenir le couple
en dépit du confort ou du goût de chacun, ce peut être les enfants, par exemple.
Bref - et pardon si je parais déprimant - on n'est jamais parfaitement libre.
Vôtre. |
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