| Humeurs et Polémiques |
| Bob Salzmann et Mélanie Salzmann |
Que nos jeunes internes des hôpitaux veuillent être mieux payés alors qu'autour d'eux les autres catégories du personnel hospitalier ont été augmentées, rien de plus naturel. Mais ils font grève pour avoir de meilleures conditions de travail et pour une meilleure formation. La plupart exercent durant 60 à 80 heures par semaine. Ils n'ont plus une vie normale et, surmenés, ils vont finir par mettre bien involontairement en danger leurs malades. Quant à être à leur écoute... L'hôpital continue à se déshumaniser. Par ailleurs, ils n'ont plus le temps d'approfondir la théorie, alors que leur statut leur octroie deux demi- journées de formation hebdomadaire. Plus que les autres générations, ils vont être victimes de procès à l'américaine. Du fait du numerus clausus imposé dans les études de médecine, ce qui peut être justifié, ils font le même travail que leurs aînés en étant moins nombreux. A eux de faire les propositions nécessaires pour que les patients soient soignés par un nombre suffisant de médecins. Faudrait-il faire entrer à l'hôpital davantage de médecins de ville comme vacataires ? Faut-il, en toute urgence, faire appel à Médecins Sans Frontière ? Le salaire des nos internes doit bien évidemment être réajusté mais surtout leurs conditions de travail sont inadmissibles pour eux et pour leurs patients. Il y a une triple anomalie : - anomalie du droit du travail quant à leur durée d'exercice hebdomadaire. - anomalie sociale quand toutes les catégories socioprofessionnelles évoluent vers une réduction du temps de travail. - anomalie relationnelle entre l'administration responsable et son personnel. Faut-il encore faire grève pour réajuster un salaire et travailler moins de 70 heures par semaine ? L'administration ne devrait-elle pas spontanément corriger ses erreurs voire s'excuser auprès d'eux d'une telle situation ? Une société où la force est nécessaire pour l'obtention d'un droit minimal ne peut qu'inquiéter. Il faudra peut-être un jour en venir à des "Etats généraux des Malades", voir à un partenariat pour réhumaniser l'hôpital et obtenir enfin que le médecin ait le temps et la compétence d'être à l'écoute de son patient. |
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