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LA SUBSTITUTION CHEZ LES HÉROÏNOMANES
ENCEINTES
Les différents produits de substitution
Deux produits ont actuellement en France un agrément pour la
substitution : la Méthadone et la Buprenorphine.
- La Méthadone:
C'est une substance synthétique présentant les principales
propriétés des opiacés. Elle a été utilisée dès le début des
années 60 aux Etats-Unis pour le sevrage aux opiacés. C'est une
poudre blanche cristalline soluble dans l'eau et l'alcool,
disponible sous forme de sirop, en flacon de 10, 20, 40 ou 60 mg ;
son effet maximum s'exerce 1 ou 2 heures après la prise orale pour
se maintenir sur 24 heures. Les doses de maintien se situent en
moyenne autour de 80 mg/j. Les effets secondaires sont mineurs
(prise de poids, oedèmes, transpiration) et les interactions avec
l'alcool et les tranquillisants doivent être connues. Elle peut
donner lieu à dépendance et être responsable aussi de syndromes
de manque sévères comme de surdose mortelle, exceptionnelles
toutefois. L'expérience américaine de la substitution à la
méthadone chez la femme enceinte a clairement mis en évidence une
augmentation du poids de naissance des nouveaux-nés (170 grs en
moyenne), une baisse sensible de l'incidence des souffrances
foetales et des détresses respiratoires. Par contre, le syndrome de
sevrage néonatal est au moins aussi fréquent, parfois plus intense
et plus retardé qu'avec la morphine. Sa prise en charge est la
même que pour tout opiacé.
- La Buprenorphine Temgesic Subutex*):
C'est un opiacé semi-synthétique. Le Subutex* se présente sous
forme de comprimés sublinguaux de 8 mg, 2 mg et 0,4 mg. La dose de
substitution moyenne se situe chez la femme enceinte autour de 8 mg.
Il supprime la plupart des symptômes de sevrage, n'entraînant pas
d'euphorie ni d'accoutumance et présente un faible degré de
dépendance. Il n'existe pas de surdosage. Détourné de son utilisation,
il peut par contre être facilement injecté. Il présente des
interactions avec l'alcool, les dépresseurs du système nerveux
central, la codéine. Le syndrome de sevrage du nouveau-né à ce
produit est moins bien documenté : il est plus prolongé et fait
appel à l'utilisation d'autres produits que I'Elixir Parégorique.
- Le sulfate de morphine (Moscontin*, Skenan*): Il n'a pas
d'agrément officiel dans les programmes de substitution mais une
certaine tolérance de prescription dans cette prise en charge. Il
s'administre en deux prises quotidiennes dont les doses peuvent
être très variable (120 à 600 mg). Il existe un risque de
surdosage et d'injection. La dépendance est forte. Il a des
interactions avec l'alcool, les dépresseurs du système nerveux
central, les benzodiazépines. L'idéal est, dans un programme de
substitution, une prise quotidienne en relation étroite avec la
participation du pharmacien. Le syndrome de sevrage néonatal est
identique à celui des opiacés et semble plus modéré par rapport
à la Méthadone.
(à suivre... la prise en charge de la mère et l'enfant)
édité le 15/01/2001
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