Drogues et reproduction. Les opiacés

PRISE EN CHARGE DE LA FEMME ENCEINTE HÉROÏNOMANES SUBSTITUÉE

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"La meilleure façon d'aider l'enfant de mère toxicomane, c'est d'abord d'aider la mère" (Kandall, 1 993). 
Il s'agit là d'un temps capital, conditionnant toute la prise en charge ultérieure, dans une relation de confiance et de responsabilisation. L'histoire personnelle de la mère, ses difficultés, ses angoisses face à la grossesse ou ses compétences de future mère doivent pouvoir s'exprimer, au fil des entretiens, sans interrogatoire inquisiteur.
La problématique de la substitution, voire du sevrage, sera évoquée, expliquée, en y associant, chaque fois que possible, le père souvent lui-même toxicomane, qui pourra trouver lui aussi, dans la grossesse de sa compagne, l'occasion d'une prise en charge.
Le choix respectif de l'un ou l'autre des produits de substitution devra tenir compte de l'habitude du prescripteur, de la substitution pré-existante à la grossesse, du degré de dépendance aux opiacés, de la quantité d'héroïne à substituer et des autres toxicomanies (alcool, benzodiazépines, amphétamines) associées à l'héroïne.

Une rencontre avec le pédiatre amené à suivre l'enfant paraît capitale dans cette prise en charge prénatale. Les symptômes attendus du syndrome de sevrage et leur prise en charge seront clairement expliqués pour faire de la mère "un partenaire" de soin de son enfant. Les liens pré-établis par la patiente avant sa grossesse avec d'autres partenaires de santé ne seront jamais rompus. On conçoit aisément que cette surveillance prénatale, largement ouverte sur un travail en réseau, demande du temps, de la patience, et des intervenants aux compétences multiples et nécessairement complémentaires. La prise en charge de la toxicomanie doit se différencier de la prise en charge obstétricale.

La patiente sera revue fréquemment au cours de sa grossesse, en association étroite, chaque fois que possible, avec les structures de PMI. L'hospitalisation complète ou de jour sera souvent utile lors des périodes critiques: passage de l'héroïne à la substitution, réduction des doses des produits de substitution, essais de sevrage. L'un des membres de cette équipe pluridisciplinaire, plébiscité par la patiente, sera le référent, veillant scrupuleusement au respect de confidentialité souvent réclamé tout en faisant le lien avec les différents intervenants.

(à suivre... la prise en charge de bébé)

 

édité le 15/01/2001

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