La surveillance de grossesse

Par le professeur Claude Colette

LES DÉPASSEMENTS DE TERME

Pour mieux comprendre

Plus la grossesse se prolonge et plus l'enfant prend du poids, me direz-vous. Certes, vous avez raison et c'est ce qui se passe dans la majorité des cas, près de 3 fois sur 4. Ceci n'est pas toujours sans inconvénient. Les enfants trop gros pour les dimensions du bassin peuvent courir des risques à la naissance, au passage des épaules par exemple, et il est mieux, si les conditions sont favorables (et ceci s'apprécie à l'examen) de déclencher l'accouchement, mais sans forcer, c'est à dire sans recourir à l'opération, pour un échec à la première tentative, par exemple.
Dans près d'un quart des cas la prolongation entraîne ou accentue le vieillissement du placenta. Cela est plus grave. L'enfant reçoit moins de nourriture, et il se met à maigrir, ce qui n'est pas le plus grave, encore que son développement peut en être entravé. Ce qui est le plus périlleux, c'est le passage perturbé de l'eau et surtout de l'oxygène.
Au moindre manque, heureusement, l'enfant réagit : il remue moins, d'autant moins que la diminution du liquide amniotique le gène dans ses activités motrices. Le déclenchement est indiqué formellement et son échec commande l'opération . Plus tard, le rythme cardiaque est à son tour modifié: il faut alors aller vite. L'extraction chirurgicale est urgente. La mort par manque d'oxygène est proche.

En définitive, il faut retenir que les dépassements vrais représentent une indication à déclencher moins d'un accouchement sur cent et que la césarienne, avec cette indication unique, est indiquée moins de deux fois sur mille naissance. Les séquelles et la mort fœtale ne doivent se rencontrer que dans des circonstances ayant empêché l'exercice normal de l'art obstétrical.

 

édité le 15/09/2000

Page précédente Page suivante
Précédent Suivant