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PENDANT LA GROSSESSE
Pourquoi est ce que mon médecin me prend il la
tension ?
S'il est un rite auquel est lié la surveillance de la grossesse ,
c'est bien la prise répétée de la tension.
Pendant l'accouchement ça continue.
L'enfant est là et on remet le brassard.
Deux heures après, avant de regagner son lit, encore une vérification.
Les jours suivants, essayez de vous plaindre de quoi que ce soit, et, à
nouveau, c'est la poire qui pompe et comprime l'air autour de votre
bras.
Comment ?
J'ai écrit rite, mais vous pensez "marotte", d'autant que
chacun a la sienne : l'une vous étend et vous fait attendre jusqu'au
moment où elle vous trouve "déstressée", un autre exige le
bras gauche, un troisième vous "la" prend en fin d'examen
gynécologique, et comme il répond en même temps à vos questions, on
peut se demander s'il est sérieux.
Rassurez vous, ils ont chacun leur habitude, l'essentiel est qu'ils
fassent toujours de la même manière pour assurer un bon dépistage en
dehors de tout facteur de risque particulier.
"Ils" ne sont pas obsédés non plus, malgré la répétition
apparemment maniaque du geste.
L'hypertension artérielle est définie par des chiffres supérieurs à
140 mm de mercure pour la pression maxima correspondant au jet de sang
qui sort du cœur à chaque battement ou/et à 100 mm de mercure
correspondant à la période de repos qui précède la systole.
Il peut arriver que la prise de tension soit réclamée avec une
fréquence encore plus grande. La mesure peut être manuelle, mais une
tendance se dessine : la prise répétée, programmée, est confiée à
un appareil porté comme le revolver des policiers, et pour cette raison
appelé "holter". Pendant toute la journée, pendant la nuit
les valeurs objectives s'affichent sur un document relevé pour être
étudié, surtout en ce qui concerne les variations diurnes et
nocturnes. Des décisions capitales peuvent se justifier que des
évaluations plus disparates n'auraient pas permises.
Dans les "situations de crise", l'enregistrement peut même
être permanent, traçant des courbes de surveillance, observant les
effets immédiats des traitements, médicaux, obstétricaux,
chirurgicaux.
Pourquoi ?
L'hypertension, (comme aussi l'hypotension artérielle) est une
crainte justifiée par la fréquence et la gravité possible d'une
découverte, parfois bien inattendue.
Près d'une mère sur dix pose problème. La solution est trouvée, le
plus souvent, permettant finalement d'annoncer : " la mère et
l'enfant se portent bien ".
Il n'en reste pas moins que les risques pour l'enfant correspondent à
près de 15% de la mortalité périnatale.
La mort maternelle est certes devenue exceptionnelle, n'atteignant qu'un
cas sur dix mille dans notre pays, mais les accidents circulatoires
cérébraux, les hémorragies par troubles généralisés du système de
coagulation liés à l'hypertension artérielle en représentent une
bonne part.
En fait on peut regrouper l'ensemble des cas, tous évidemment
différents, en quatre types de tableaux cliniques qui sont les suivants
:
- Certainement le plus spectaculaire, heureusement devenu le plus
rare, frappant la jeune femme à sa première grossesse,
l'éclampsie avec ses crises convulsives généralisées,
répétées, aboutissant autrefois à la mort maternelle souvent, à
la mort fœtale toujours.
- "Coup de tonnerre dans un ciel serein", le décollement
placentaire qui surprend la mère aux multiples expériences
heureuses jusque là, à un moment où elle ne s'y attend pas. La
mort fœtale est hélas fréquente. Si l'urgence n'est pas
respectée, avec ses échéances échelonnées dans un délai bref,
la vie maternelle peut être en jeu.
- Curieuses, mais inquiétantes, ces femmes, qui entre les
grossesses ont des chiffres " tensionnels " normalement
rassurants, et qui, inopinément, à chaque grossesse , à un
certain moment de celle-ci vont grimper à des valeurs lourdes de
risques pour leur enfant à naître. Les hypertension récidivantes,
par leur étude approfondies permettront peut être de mieux
comprendre des phénomènes complexes et mystérieux.
- L'hypertension artérielle permanente d'une jeune femme peut être
connue avant que l'enfant ne soit imaginé. Faut il laisser prendre
le risque de la conception ? Comment faut-il surveiller cette
grossesse à risques, sans verser dans une inhumanité où poussent
les explorations techniques multipliées, pénibles, voire invasives
?
- édité le 01/01/00
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