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Risques induits par les traitements de l'infertilité chez la
femme
Avant propos
Cet article est de ceux qu'on aimerait voir traiter par d'autres.
Vous avez droit à quelques explications après une telle affirmation.
En lisant ces lignes, toute femme qui a, un jour, subi une stimulation de son ovulation
risque, c'est là une des rares certitudes de l'article, de s'inquiéter sur la survenue
de séquelles, voire de cancer. Les femmes dans ces situations, le manque d'enfant, ont
déjà leur lot de soucis pour ne pas en rajouter, c'est l'évidence.
Pourquoi donc écrire cela si on prétend vouloir les aider ou les soulager ?
Parce que, si, pour ce qui est du cancer, le risque n'est pas encore bien établi, pour le
reste, hyperplasie, fibromes, prise de poids et autres, il l'est. D'autre part, les
mécanismes physio-pathologiques, c'est à dire les conséquences qu'on est en mesure,
intellectuellement si j'ose dire, de redouter sont, eux, bel et bien réels. Cette phrase
alambiquée veut dire que, même si ça n'est pas prouvé, ce que l'on sait des produits
et du fonctionnement des organes nous le fait craindre. En dernier lieu, on ne doit pas
taire un risque potentiel quand on le suspecte mais plutôt le prévenir ou, encore mieux,
le réduire.
C'est pour ces raisons que cet article est là. Pour informer, modérer, quand c'est
possible, la prise de risque et faire dépister les situations qui résulteraient des
traitements qu'on a choisi, d'administrer pour le médecin, et de recevoir pour le
patient.
- Article
Quand on stimule les mécanismes de l'ovulation lors d'un traitement de la stérilité,
on le fait toujours au delà des mécanismes physiologiques.
S'il s'agit, parfois, de forcer la main à des ovaires, disons, paresseux, on ne recherche
pas particulièrement l'hyperstimulation mais la méthode employée, faire croire à
l'hypophyse qu'il n'y a pas ou peu d'hormone circulante, donne forcément un coup de fouet
aux sécrétions (citrate de clomifène). D'autres fois, dans les protocoles de F.I.V. par
exemple, on cherche intentionnellement à obtenir plusieurs follicules.
Il résulte, souvent, de ces différents protocoles, une sollicitation exagérée des
structures ovariennes et une augmentation de la quantité présente dans le sang des
hormones sexuelles.
L'augmentation des taux circulants dans le sang d'une hormone, l'strogène, qui
résulte des stimulations de l'ovulation est potentiellement responsable des pathologies
suivantes :
- La prise de poids. Une femme sur deux en souffrirait, en moyenne de 3,2 kg.
- La pathologie de l'endomètre, ce velours qui tapisse la cavité utérine. Les risques
concernent l'apparition de polypes et d'hyperplasie, c'est le développement exagéré de
cette muqueuse. On craint aussi que cette hyperplasie ne se conclue,parfois, par
l'apparition d'un cancer de cette muqueuse. Ce dernier point n'est pas encore prouvé
formellement du fait du faible recul dans le temps dont on dispose, les thérapeutiques en
question n'étant utilisées, à cette échelle, que depuis une vingtaine d'années.
- L'augmentation de l'apparition et du développement de fibromes.
- L'augmentation du risque de cancer du sein par l'implication de l'strogène dans
le développement des cellules des canaux mammaires.
Par ailleurs, d'autres risques sont à craindre résultant de ces ovulations forcées :
- La stimulation des composants ovariens fait craindre une augmentation du risque de
cancer de l'ovaire.
- L'utilisation, qui tend à disparaître, des composés hormonaux purifiés faisait
craindre des risques infectieux, dont l'actualité nous montrent qu'ils sont parfois
insoupçonnables jusqu'à leur apparition.
- La question reste posée de l'épuisement du pool ovocytaire, c'est à dire les cellules
qui donnent les gamètes, et de l'avancement de l'âge de la ménopause qui en
résulterait. La preuve n'en est pas établie si tant est que ce soit la quantité de ces
cellules qui conditionne l'âge de la ménopause. Certains se demandent si la fibrose des
tissus ovariens, due aux grand nombre des ovulations déclenchées n'irait pas, elle
aussi, dans le sens de l'apparition d'une ménopause précoce.
La question, subsidiaire mais majeure, qui se pose au médecin est celle de
l'information des risques potentiels que courent les patientes. Est ce opportun quand on
sait les difficultés psychologiques dans lesquelles elles se débattent déjà. Ce qui
est, à coup sûr, dès à présent, opportun, c'est la mise en place d'un
dépistage systématique, préventif de ces désordres.
Inspiré d'un article paru dans Gynécoscopie. Collège de gynécologie médicale. Dr A.
Mensier
édité le 15/01/2001 |
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