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LES RÊVES ÉROTIQUES
A ne pas confondre avec la rêverie ( où le sujet est
quasiment éveillé, et reste conscient de son environnement ) le rêve
a toujours eu un pouvoir fascinant : celui de constituer une « réalité
non réelle », un virtualité personnelle dont la signification a
souvent été recherchée.
La Bible a donné ses lettres de noblesses au rêve, en en faisant le
lieu,par exemple, de la révélation à Joseph de sa future
pseudo-paternité.
Les lettres de noblesse données à l’érotisme par le saint livre
furent également accordées dans le Cantique des Cantique, épopées
amoureuse qui ne fait pas l’économie d’allusions plus que précises
!
St Augustin, dans ses célèbres Confessions, relate même ses éjaculations
nocturnes ( un phénomène affublé du titre non-anodin de « pollution
»).
On ne contrôle pas ses rêves, donc il n’est pas question de se
sentir coupable.
Si c’était si simple !
Il peut arriver que des femmes rêvent qu’elles se font violer : cela
peut s’accompagner d’une excitation intense, difficile à accepter
au réveil.
Il faut savoir que tous les rêves ou fantasmes sont acceptables dans la
mesures où ils ne sont PAS la réalité.
Certes, l’esprit conscient condamne sans réserve toute violence dans
la sexualité, tout abus de force ou de pouvoir….
Et néanmoins, la volonté farouche d’un homme qui veut à tout prix
arriver à ses fins peut se frayer un passage vers une certaine
excitation féminine, à condition d’être expurgée de toute
pesanteur concrète.
Mais comme il est difficile de l’avouer, et surtout de faire « coller
» cela avec ses valeurs…
Certains chercheurs ont voulu prendre le contre-pied des psychanalystes
( friands d’interprétation des rêves) en prétendant que l’activité
cérébrale pendant le sommeil se purgeait d’un coup d’une sorte de
trop-plein, et que les rêves pouvaient n’être qu’une sorte de
poubelle du mental.
Ce à quoi les psy répondirent que l’on apprend beaucoup d’une
personne en analysant le contenu de sa poubelle.
Dis moi ce que tu jettes, je te dirai qui tu es…
Parfois, l’excitation onirique disparaît complètement au réveil,
provoquant une grande déception.
Ceux qui sont à la recherche de sensations fortes ou dont le désir est
vacillant ne trouveront donc pas forcément ce qu’ils cherchent dans
les rêves érotiques.
Les rêves érotiques n’ont souvent rien à voir avec les images dont
nous sommes submergés.
Ni même avec des scènes complaisamment décrites dans la littérature
du même nom.
Non, ce qui fait la force du rêve érotique, c’est une sensation
indicible, un vécu inexplicablement intense qui vient chercher le rêveur
dans ce qu’il a de plus sensible :
- Un sentiment amoureux bizarrement sans support personnel ( dans un rêve,
on n’est pas forcément amoureux d’une personne particulière )
- Une impression de découvrir ce qu’on attendait plus, on ce qu’on
cherchait depuis toujours
- Une connexion avec un sentiment très animal, presque archaïque.
Souvent , le rêve érotique laisse au réveil une impression diffuse de
Vie, plutôt joyeuse.
C’est en cela qu’il est bienvenu, et que son occurrence est de bon
pronostic quant à la santé mentale de la personne.
Hélas, il ne peut être prescrit, par aucun médecin, chaman ni gourou.
A l’image de la spontanéité de la sexualité, il ne se laisse pas
enfermer, et encore moins instrumentaliser.
Rêveurs de tous les pays, désaltérez-vous délicatement à la rosée
que l’érotisme aura déposé certaines nuits sur les fleurs de votre
désir !
édité le 06/01/2003 |
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