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Dater précisément la survenue d'une toxoplasmose
Vous le savez, la toxoplasmose est une maladie due à un parasite qui passe le plus
souvent inaperçue chez l'être humain et qui ne nécessite que rarement un traitement. Il
est deux situations où cette affection est grave : chez les personnes imuno-déprimées
qui ne peuvent pas bien se défendre contre elle et quand elle atteint le foetus en
infectant la femme enceinte.
Une prise de sang est prescrite aux femmes enceintes pour déterminer si elles ont déjà
eu la maladie, auquel cas elles sont immunisées et ne risquent plus de la transmettre au
foetus qu'elles portent.
Cette prise de sang dose deux sortes d'immunoglobulines, c'est ainsi que l'on appelle les
produits, sortes de missiles, que fabrique notre corps pour se défendre contre les
agressions. Ces deux sortes sont sécrétées à des moments différents de la maladie.
Les IgM sont les plus grossiers, genre Scud pas très précis, sécrétés dès les
premières heures de la maladie. Les IgG sont plus sophistiqués, genre Cruise missile et
sont fabriqués plus tard, quand le corps dispose de plus d'informations concernant
l'agent agresseur. Ils prennent le relais pour face face plus efficacement à l'agression
et au cas où on serait de nouveau en contact avec le microbe. Ils sont les garants de
notre immunité.
Dans cette analyse,
- Si on ne trouve ni l'un ni l'autre, la patiente n'est pas immunisée, elle n'a jamais
rencontré le parasite. Il faudra surveiller tous les mois par une prise de sang pour
être sûr qu'elle ne rencontre pas le microbe en cours de grossesse.
- Si on retrouve les IgM et pas les IgG, on est au tout, tout début de la maladie.
- Si on a des IgG et pas d'IgM, l'infection est ancienne.
- Si on retrouve des IgM et des IgG, on n'est pas loin de l'infestation, mais pas au tout
début. Là, on a un petit problème : on ne sait pas dater exactement le début.
Cette quatrième situation est de plus en plus fréquemment rencontrée, pourquoi ? Les
IgM seraient présents plus longtemps qu'on ne le pensait auparavant ou bien les
techniques permettraient de les détecter plus longtemps.
Comment dater plus précisément le début dans ces cas là ?
Les IgA, ce sont d'autres immunoglobulines, pourraient, si on le voulait absolument,
reprendre le rôle que l'on attribuait précédemment aux IgM, c'est à dire ceux qui
apparaissent très tôt et disparaissent relativement vite.
On a aujourd'hui un autre moyen de dater le début de l'infection, c'est le test
d'avidité des IgG.
Voilà comment ça fonctionne : On met en présence les IgG et l'antigène, un morceau du
microbe, on voit, on note le "pourcentage" de liaisons qui se fait entre eux.
Ensuite, on prend le même sérum et on le passe à quelque chose dont je ne me souviens
plus exactement, une sorte de solution alcoolisée, genre pour leur donner le tournis aux
IgG, et on les remet en présence de l'Ag. On note alors le nouveau
"pourcentage" de liaison ou de reconnaissance, on pourrait dire comme ça. On a
les deux pourcentages et, c'est normal, le deuxième est inférieur au premier. On fait le
rapport. Si celui ci est supérieur à 0,5 c'est à dire que plus de la moitié des IgG
reconnaissent encore les Ag, on sait par expérience que ça veut dire que ces IgG, ils
ont commencé à être sécrétés il y a plus de 20 semaines. En gros, ils ont appris
avec le temps à mieux se coller aux Ag, à mieux les reconnaître et plus de la moitié
d'entre eux y parvient encore après le "mauvais traitement" subi.
Donc, dans les cas où IgG et IgM sont retrouvés, le test d'avidité permet de dire si
l'infection a débuté depuis plus ou moins de 20 semaines. On compare cette date estimée
à celle du début de la grossesse, si la grossesse est survenue après le début de
l'infection, on peut être rassurés et poursuivre la grossesse sans crainte ni
traitement.
- édité le 13/06/99
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