Le pêle-mêle de gynécologie

Le traitement médical de la grossesse extra-utérine

Une grossesse, pour se développer normalement, neuf mois c'est long, doit pouvoir compter sur une base solide. Lorsque l'œuf fait son nid dans la cavité utérine, sur ce velours que l'on nomme l'endomètre, il dispose d'un milieu riche, épais, vascularisé, spécialement destiné à le recevoir et lui assurer un "confort" nécessaire. Quand l'œuf, pour telle ou telle raison, se nide en dehors de la cavité utérine, il ne retrouve pas les qualités de cette " terre " pour se développer. Ça n'est pas le moindre de ses soucis même si l'espace aussi vient à manquer s'il a élu domicile dans ce fin tuyau qu'est la trompe de Fallope.

Quand on avait diagnostiqué une grossesse nidée en position anormale, ectopique dit-on, on ne proposait que le traitement chirurgical. Aujourd'hui, certains proposent une alternative sous la forme d'un traitement médical. On fait le point.

  • Le traitement chirurgical. Une coelioscopie à visée thérapeutique au cours de laquelle on incise la trompe, on aspire l'œuf ou ce qu'il en reste et on laisse se refermer la cicatrice sur la trompe.
    Intérêt, faire un diagnostic sûr de la GEU et être certain de l'élimination totale des débris.
    Inconvénients, l'hospitalisation, 3 jours et les aléas de la chirurgie.
  • Le traitement médical. On utilise une drogue active dans le cancers, le méthotrexate. Plusieurs modalités ont été testées.
    On a d'abord injecté le produit dans la trompe, dans sa partie renflée qui renferme le sac gestationnel. Le problème, c'est qu'on faisait quand même la coelio.
    Puis on a cherché à l'injecter, toujours au même endroit mais sans faire l'intervention, en se guidant par l'échographie.
    Enfin, on a injecté, en intra musculaire, la drogue en question. Une injection et une surveillance du taux des hormones de la grossesse deux, quatre, six jours après l'injection dans un premier temps. Par la suite, un dosage par semaine jusqu'à ce que ça deviennent négatif.
    Les résultats, entre 77 et 84 %. La trompe, elle, semble redevenir perméable dans 80 % des cas.

Attention, on ne traite pas les femmes qui présentent du sang dans le ventre, un taux élevé d'hormone dans le sang ou un sac avec une activité cardiaque de l'embryon visible.
Est ce qu'on y gagne ? Par sûr. Tant qu'on est pas sûr que ça baisse nettement, on ne vous autorise pas à voyager, à vous déplacer vers un lieu où une prise en charge chirurgicale rapide n'est pas envisageable. Vous, nous, restons donc sur le qui-vive.

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