La pathologie obstétricale

Par le docteur Albert Ohayon

La rupture prématurée des membranes

Diagnostic

Il s'agit souvent d'un écoulement de liquide clair et franc que la patiente décrit.
Le médecin ou la sage femme, consulté en général rapidement, va introduire un spéculum pour tenter de voir le liquide s'écouler.
Il va refouler la présentation, c'est à dire la partie de l'enfant qui vient s'appliquer au col, pour qu'elle ne fasse pas bouchon. Souvent, il peut voir du liquide couler.

Quand il ne le voit pas au spéculum, que peut il faire ?

  • Il peut jeter un coup d'œil échographique pour vérifier s'il reste beaucoup de liquide dans l'œuf. Parfois, il en verra très peu et c'est en faveur du diagnostic de rupture mais le plus souvent, il en verra et cela ne répondra pas à sa question.
  • Il dispose d'autres tests. Ceux ci vont essayer de prouver que des composants du liquide amniotique se retrouvent dans le vagin ou que l'issu du liquide a modifié les caractéristiques du vagin.
    • C'est ce dernier mécanisme sur lequel se base un des tests le plus couramment utilisé en clinique quand une femme se présente avec ce doute diagnostic. Ca se nomme l'amnicator et c'est un écouvillon, une sorte de coton tige qui va changer de couleur si le ph est neutre ou basique. Qu'est ce que cela voudrait dire ? Le ph du vagin est acide lors et en dehors de la grossesse. Si du liquide amniotique a coulé dans le vagin, comme il est de ph neutre, il relève le ph. Oui mais, les pertes parfois, le sang, l'eau ou le produit utilisé pour faire le toucher peuvent aussi rendre le ph neutre. Le test est sensible mais pas spécifique.
      Il vaut mieux chercher à retrouver des éléments du liquide amniotique.
    • Le plus simple, le moins cher, faisable sur place au cabinet, si le gynéco dispose d'un microscope, la cristallisation en feuille de fougère. C'est parfois faussé par le mucus, le sang ou les urines.
    • Le meilleur rapport qualité prix, la recherche du facteur de croissance de l'insuline. C'est IGFBP et c'est présent en grande quantité dans le liquide amniotique et très tôt dans la grossesse.
    • Le test à la diamine oxydase, très connu mais maintenant surclassé par les autres parce qu'il est compliqué et ne peut se faire qu'en laboratoire.
    • Certains médecins aiment rechercher la fibronectine mais ça n'est pas spécifique puisque ça n'est pas un composant du liquide amniotique mais un produit qu'on retrouve entre la paroi utérine et les membranes, libéré lors de la rupture certes mais aussi lors de l'infection des membranes.

       

      édité le 15/02/2001