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L'HYPERTENSION DE LA GROSSESSE DE DÉCOUVERTE
FORTUITE
Diagnostic
Cette situation est fréquemment rencontrée, le plus souvent au
début du troisième trimestre d'une grossesse apparemment normale,
(parfois plus tard, parfois plus tôt) avec une mère sans signes
évocateurs.
Le simple diagnostic peut être difficile. Les chiffres sont
"limites".
Une hospitalisation est une décision de prudence pour une étude
approfondie. Elle peut se faire en "hospitalisation "de
jour", une formule qui permet de concentrer les investigations sur
une journée et rendre la patiente à sa famille et à ses obligations
dès le soir. C'est aussi le bon départ d'une bonne surveillance.
L'état maternel est précisé : la répétition des mesures permet
de découvrir certains à-coups dangereux, qui seraient passés
inaperçus (holter). La fonction rénale, très dépendante de la
circulation artérielle est explorée par l'étude biologique des
urines, du retentissement sanguin d'un mauvais fonctionnement caché par
ailleurs.
L'état de l'enfant à naître est évalué par des paramètres divers
et souvent propres à chaque équipe (dépendant des conditions
techniques et des caractéristiques des populations). L'échographie a
la place prépondérante recherchant éventuellement la vitesse
d'écoulement sanguin de part et d'autre du placenta, mais constamment
le bon développement, éliminant ainsi le risque de sous-nutrition.
Toutes ces précautions peuvent paraître fastidieuses, pénibles,
angoissantes même. La synthèse permet un pronostic rassurant sous
réserve d'une surveillance répétée, la plus souvent sans
hospitalisation.
Les consultations sont adaptées à chaque cas dans leurs fréquence,
leur contenu, clinique, biologique, échographique.
Les mesures à prendre
Prescriptions médicales
Les médicaments prescrits sont divers, fonction de la situation, de
l'expérience, des découvertes éventuelles. Une chose est certaine :
la prescription du meilleur traitement découvert depuis longtemps : le
repos.
Décisions obstétricales
Elles ne sont pas toujours très faciles à prendre. La santé
maternelle passe en premier, mais il nous faut également satisfaire son
amour récompensé par une naissance de bon pronostic.
Quand la menace vitale est certaine, la naissance s'impose.
Le déclenchement et la tentative de l'accouchement par les voies
naturelles est réalisable si les paramètres cliniques sont favorables,
col "mûr", mou, racourci ou déhiscent. La coïncidence n'est
pas la règle, tant s'en faut. L'évolution peut devoir être
interrompue si une souffrance fœtale aiguë se dessine. Enfin l'échec
du à une mauvaise efficacité des contractions doit faire renoncer.
L'opération césarienne est souvent préférée. Elle peut être
programmée, ce qui permet au nouveau-né d'être "accueilli"
par une équipe de pédiatres réanimateurs avertis de la situation à
laquelle ils doivent faire face : prématurité, hypotrophie et
éventuelle hypoxie.
Soins néonataux
Ils sont essentiels et déterminent le lieu de naissance : un transport
dans la "couveuse naturelle", donc dans l'utérus maternel (in
utero), donc avant l'accouchement, est préférable à l'évacuation
d'urgence dans une couveuse artificielle où les soins sont difficiles
à donner pendant le voyage.
La séparation mère/enfant doit être courte, avec visite très tôt
dans les suites de couches immédiates. Le plus précocement possible la
maman doit participer à l'élevage de son tout petit, même si sa
fragilité apparente la déconcerte et l'inhibe. L'entourage, médical
et familial, doivent l'encourager dans cette épreuve déroutante mais
pleine de promesses.
Avenir maternel
Il est loin d'être toujours compromis.
Certes, les examens pratiqués plusieurs longues semaines après la
naissance peuvent parfois être défavorables. Une nouvelle tentative
est hasardeuse.
Le plus souvent, tout est rentré dans l'ordre. L'avenir n'est alors
écrit nulle part, permettant l'espoir d'une grossesse ultérieure sans
incident. La prudence et l'expérience commandent impérativement
toutefois une surveillance précoce, répétée et minutieuse. C'est une
grossesse dite à risques.
Pronostic pour l'enfant
Il dépend de nombreux facteurs déjà évoqués. Passé le cap des
premières semaines les pédiatres sont le plus souvent gratifiés par
une perspective heureuse à long terme. Ils en font part avec joie à
ceux (et surtout celle) qui a partagé leurs soucis et leur angoisse.
édité le 15/02/2001 |
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