La pathologie obstétricale

Par le professeur Claude Colette

HYDRAMNIOS AIGU

Plus rare, mais plus bruyant dans ses signes, l'excès de liquide survient brutalement et tôt dans la grossesse (4°/ 6°mois). En quelques heures la douleur provoquée par la l'utérus brusquement distendu est permanente, accompagnant l'augmentation de volume de l'abdomen.
La situation apparaît grave : elle l'est. La jeune femme vomit, est essoufflée, ne peut s'étendre, bleuit même, avec un cœur qui bat la chamade. L'hospitalisation s'impose.

Parfois, spontanément les membranes se rompent, donnant issue à un flot de liquide. Le soulagement est instantané et le travail déclenché.
Parfois, pour soulager il faut ponctionner et évacuer l'excès de liquide. Ces amniocentèses d'évacuation sont de quantité volontairement réduite pour ne pas irriter l'utérus et provoquer l'expulsion. Il faut donc les répéter.

Le sursis permet une approche diagnostique des deux cause principales : grossesse gémellaire et malformation.
Les malformations empêchant brutalement la résorption concernent le tube digestif, et en particulier l'œsophage (atrésie). Comme elles sont souvent associées à d'autres atteintes la quête diagnostique doit être multiple pour établir un pronostic solide, si c'est possible.
Les vrais jumeaux, dans une seule cavité amniotique (gémellaire monoamniotique) ont souvent, dans le placenta, des anastomoses qui font communiquer les veines (ou les artères) de l'un et de l'autre. Si l'un d'eux passagèrement, par compression modérée et passagère du cordon par exemple, réduit la quantité de sang qu'il reçoit du placenta, le sang retenu en amont passera dans les veines de l'autre et revenant vers le cœur en gonflant ses veines . Celles-ci lâcheront leur sérum dans la cavité amniotique, provoquant l'hydramnios. Le cœur du transfusé, aura la lourde tâche de pomper ce trop plein de sang : il fatiguera, enverra moins de sang au placenta, amorçant ainsi un véritable cercle vicieux : C'est le syndrome de transfusion in utero. Le pronostic est défavorable malgré les tentatives héroïques de détruire les anastomoses par injections trans- amniotiques de produits sclérosants.

Les traitements sont donc souvent aléatoires dans ces circonstances. Il faut savoir se contenter de gestes simples qui ne portent pas préjudice à la jeune femme.

 

édité le 15/12/2000