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LA CONDUITE DE L'ACCOUCHEMENT
L'enfant qui se présente par le siège peut naître par les voies naturelles dans plus
de la moitié des cas.
On admet qu'une femme déjà mère sans difficulté aucune, dont on dit que le bassin et
l'utérus ont "déjà fait leurs preuves", arrivant au neuvième mois sans
encombre, peut très bien espérer accoucher spontanément.
Personnellement, je pense qu'il en est de même pour les primipares sans anomalies. Il
conviendra de faire bien comprendre à la gestante que le calme psychologique sera
réclamé et qu'un effort particulier sera nécessaire pour abréger la sortie. Elle devra
pousser fort et longtemps à chacune des contractions lors de l'expulsion. Du reste, pour
être certain que l'utérus fera son travail, une stimulation des contractions contrôlée
par perfusion évitera toute panne.
Cet accouchement quasi naturel m'a été enseigné par son instigateur, mon maître
Vermelin, dont il porte encore le nom partout dans le monde.
Cette spontanéité n'est obtenue que par une surveillance stricte de l'état maternel, de
l'état ftal et de l'évolution parfaitement normale des phénomènes mécaniques et
physiologiques. Actuellement, l'analgésie péridurale encourage dans cette voie de
l'accouchement le plus naturel possible, mais qui évite de plus les risques
"naturels", eux aussi. Il n'y a rien de surhumain dans l'expulsion, mais la
parturiente doit être disciplinée et en particulier ne pas pousser trop tôt, tant que
son petit n'est pas "tassé" sur le périnée, prêt à bondir. Lorsqu'il est
apparu jusqu'aux épaules, un petit temps d'arrêt précède souvent la sortie de la
tête. Pas d'affolement en constatant quelques hoquets.
Des félicitations sincères après cette naissance très, très méritée!!!
Pour différentes raisons, tenant au petit, à sa mère, ou aux deux, l'extraction
artificielle peut être décidée.
On peut apporter une petite aide qui écourte l'expulsion ou se substituer complètement
aux efforts de la maman.
J'aime bien la première de ces deux propositions : J'applique une ventouse sur la fesse
du petit et je tire pendant que ma patiente pousse. Je suis, depuis longtemps, satisfait
de cette manière de procéder.
Parfois un arrêt ou une anomalie de l'évolution met en péril apparent le futur
nouveau-né. L'accoucheur va chercher le ftus en lui faisant exécuter les
mouvements commandés par la mécanique normale. Il peut extraire dès que la période
d'expulsion est arrivée, allant chercher le siège puis le tronc puis les épaules et
enfin la tête: c'est la grande extraction. Il peut agir en cours d'expulsion, complétant
alors une évolution commencée, mais qui ne se poursuit pas correctement: on parle alors
de petite extraction. Cette dernière peut n'intéresser que la tête retenue in fine.
On l'extrait, le plus souvent manuellement, mais quelques uns préfèrent le forceps,
comme Dubois pour le futur duc de Reichstadt.
L'opération césarienne peut être décidée à tout moment, jusqu'à la période
d'expulsion.
On peut la programmer, si par exemple, au début du neuvième mois, on constate un
rétrécissement du bassin objectivé par l'imagerie. Elle doit être décidée toutes les
fois où le poids évalué est inférieur à 2500 grammes, en début de travail.. Il en
est ainsi dans d'autres circonstances que la prématurité.
Enfin, lorsque l'accouchement a débuté, des événements intercurrents peuvent survenir,
obligeant à opérer en cours de travail par exemple une anomalie du tracé
cardiotocographique.
- édité le 13/08/00
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