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L'accouchement
à domicile
Quelques chiffres et quelques histoires vécues.
Il meurt dans la période périnatale près de 7000 enfants sur les
720 000 accouchements, soit moins de un pour cent.
Nous nous battons tous, mères, sages-femmes, médecins et depuis
longtemps . En trente années les pertes ont été réduites des trois
quarts.
On veut encore faire mieux : rien n'est plus attristant qu'un berceau
vide. Avez vous déjà croisé le regard d'une mère qui a perdu son
enfant ? Ceci justifie nos efforts.
Et , il faut bien le dire, la naissance heureuse ne peut être prédite
sans aucun risque d'erreur.
Certes les anomalies sont rares, mais peuvent apparaître à tout
instant . Elles doivent alors être corrigées promptement. La
compression du cordon prive immédiatement l'enfant de l'oxygène
nécessaire à sa vie. Pariez vous qu'il peut tenir le temps du
transport ? Moi non. Pouvez vous prévenir cette compression avec
certitude ? Moi non. D'autres exemples sont nombreux, mais les évoquer
alourdirait la démonstration.
La naissance heureuse est un constat, fait après avoir franchi les
aléas. Soyons modestes.
J'ai accepté, dans ma jeunesse d'être appelé à domicile pour
aider une sage-femme en difficulté.
J'y suis allé trois fois .
La première pour extraire un enfant au forceps, mais, c'était déjà
trop tard : il n'y avait plus de battements cardiaques avant
l'application des cuillers. La deuxième fois, quand je suis arrivé
pour cette délivrance qui ne venait pas, je n'ai eu qu'à appuyer sur
le fond de l'uterus. J'ai pris mon bol de café et je suis reparti en
souriant. La troisième fois, la sage-femme m'appelle pour un forceps
indiqué par la "fatigue maternelle". Elle dormira quand vous
arriverez ajoute t-elle. En fait, en entrant je vis un cadavre : syncope
mortelle au chloroforme, chez une cardiaque, comme le montra l'autopsie.
Depuis je ne suis jamais retourné pratiquer ce genre d'obstétrique :
c'était, il y a quarante ans..
Pour conclure
Aucun de mes enfants n'est né à domicile, comme je l'avais fait,
aucun de mes petits enfants non plus. Il faut se méfier : la chance ,
comme le vent peut brusquement tourner.
- édité le 13/08/00
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