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La
troisième consultation DE GROSSESSE
Le triple test
Il va et il doit vous en parler.
Savez vous ce qu'est le triple test ?
Vous dîtes non et il vous informe :
Voilà, c'est un test qui s'effectue sur le sang, obtenu lors d'un
prélèvement sans nécessité d'être à jeun. Il mesure le risque que
vous avez, lors de cette grossesse, d'être porteuse d'un trisomique et
d'un enfant qui souffrirait d'une non fermeture du tube neural.
La non fermeture du tube neural est une affection qui n'est pas
exceptionnelle, que l'on rencontre dans les populations anglo-saxonnes
et en Bretagne. C'est une affection à laquelle on n'est pas encore en
mesure d'apporter de vraies solutions. Elle est responsable de troubles
majeurs des membres inférieurs. Les malheureux enfants qui en sont
atteints ont beaucoup de mal à se déplacer par leurs propres moyens et
souffrent de troubles trophiques et d'ulcérations importantes.
La trisomie 21 est une anomalie chromosomique qui porte sur une des 23
paires de chromosomes que comporte le noyau de toutes les cellules
contenues dans l'organisme. Par un hasard du mécanisme de la création
des cellules germinales, spermatozoïdes ou ovules, l'enfant se
retrouve, dès le départ, doté d'un chromosome supplémentaire, un de
la paire 21. Cette anomalie se perpétue chaque fois que ses cellules se
divisent et que ses organes se forment. Il en résulte des
modifications, le plus souvent viables, qui entraînent principalement
un retard de développement mental important et une fragilité majeure
des organes. Le devenir de ces enfants étant très incertain, leur
qualité de vie souvent déplorable. La charge sur les familles et la
société s'avérant très lourde, il a été, depuis toujours, convenu
d'accepter d'interrompre une grossesse porteuse de l'une de ces
anomalies dans le cas où le couple en fait la demande. C'est là la
justification du dépistage.
Ceux qui ont mis au point la méthode ont émis une hypothèse : Lorsqu'une
femme était porteuse d'un fœtus qui présente des particularités si
fortes, il est probable qu'il sécrète des substances dont les taux
présentent quelques différences avec les enfants à caryotype normal.
Ces substances passant dans le sang de la maman, on pourrait peut être
quantifier le risque.
Ils ont fait de nombreux prélèvements, dans le deuxième trimestre de
la grossesse, à des volontaires.
Ce qu'ils ont découvert : Il apparaît qu'à un certain moment de la
grossesse, un peu moins de 50% des patientes porteuses de trisomiques
ont une augmentation de deux composants sanguins, l'hCG, provenant du
placenta et l'oestriol non conjugué, provenant strictement du foetus.
De même, 50% de ces mêmes patientes ont une diminution d'un autre
composant du sang, l'Alpha Foeto Protéine, synthétisée par le tube
digestif et le foie du foetus. Au total, une de ces trois
particularités est retrouvée chez près de 70% des porteuses de
trisomiques.
On propose donc, entre 14 et 17 semaines d'aménorrhée, aux patientes
désireuses de faire ce dépistage, une prise de sang, dans leur
laboratoire habituel, celui ci se chargeant de l'envoyer aux
laboratoires spécialisés. Les trois composants cités plus haut sont
dosés et les résultats font l'objet d'un calcul mathématique
compliqué qui aboutit à un chiffrage du risque énoncé en 1/X.
Il est admis, en France, que le seuil à partir duquel on entre dans la
population dite "à risque" est celui du risque théorique
d'une femme de 38 ans, 1/250.
A ces patientes, qui entrent dans le "groupe à risque", on
propose de faire une amniocentèse. C'est une ponction dans l'utérus,
dans la cavité où vit le fœtus, en vue de prélever du liquide
amniotique. Dans ce liquide se trouvent des cellules du fœtus. On les
fait se multiplier et on analyse leurs chromosomes pour vérifier leur
nombre.
L'avantage de ce test est de pouvoir proposer, à celles qui ont le
désir d'éviter de mettre au monde un enfant trisomique, un moyen
supplémentaire de diagnostic, en vue d'une interruption thérapeutique
de la grossesse.
L'inconvénient, c'est d'inquiéter celles qui se retrouvent dans le
groupe à risque fortuitement et surtout de leur faire prendre, avec la
pratique de l'amniocentèse, un risque de perdre l'enfant du fait d'une
infection ou d'une fissuration de la poche amniotique.
Cet accident, quoique rare, est toujours possible, même s'il n'y a pas
eu de faute commise lors de la ponction.
Le risque d'avortement est de 1%. Ce risque comprend tous les
avortements survenus lors du mois qui suit l'acte.
C'est à la famille de décider si elle a recours à ce test.
Il est proposé à toutes les femmes, sans distinction. C'est une
démarche de diagnostic pré natal sans signe d'appel. Le médecin se
contente d'exposer, objectivement, les avantages et les inconvénients
du processus. Il ne peut et ne doit pas conseiller, son conseil pouvant
dans certains cas, toujours malheureux, mettre en péril l'équilibre de
la famille.
La décision n'est jamais facile à prendre.
Si vous décidez d'y avoir recours, le médecin vous remettra une fiche
indiquant votre âge, votre poids, votre appartenance raciale,
caucasienne, c'est à dire européenne, noire ou asiatique. Il y indique
aussi si vous souffrez de diabète et il donne toutes les informations
nécessaires sur la grossesse, terme, jumeaux et anomalies éventuelles
du placenta.
Toutes ces infos doivent y figurer parce qu'elles influent sur le calcul
du risque. Vous pendrez le soin de vérifier, on ne sait jamais.
Ce papier contient aussi deux signatures : celles de votre médecin et
la vôtre. Lui affirme vous avoir informée de l'utilité et des risques
du test et vous admettez avoir été informée et accepter le test et
les risques de la procédure.
Vous devez donner ce document au laboratoire qui fera la prise de sang.
(à suivre... Les questions que vous allez lui poser)
- édité le 25/08/00
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