La petite famille
 

Une femme et son temps

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L'OEIL ET LA PLUME
Chronique du réel
Tiré de l'édito d'Elizabeth Semaine du 21 au 27 septembre 1998

L'actualité est un livre d'images

Une des questions que l'on pourrait se poser quant au grand déballage Starr, et que certains se posent d'ores et déjà, est: cette affaire nuit-elle à l'image de la femme? Et également à celle du couple...
Non, l’image de la femme n’a pas trop trinqué, dans cette affaire.

Premièrement, on voit que le pouvoir est totalement dans les mains des femmes. Le pouvoir de la séduction, parce qu'elle n’a pas eu besoin de faire de gros efforts pour arriver à ses fins, la petite Monica (au fait, on peut lui écrire directement... son e-mail est disponible sur tous les annuaires...). Bon, je ne dis pas que de montrer qu'on arrive à faire dépasser « de sa veste » un morceau de string n’est pas difficile, parce que ça peut effectivement l’être compte tenu de la quantité minime de tissu à faire dépasser. Mais ce que je dis, c’est que, compte tenu des avances qu’elle lui a faites et la proposition de ces caresses dont tant d’hommes sont perpétuellement frustrés, peu d’hommes auraient résisté et que je parie avec qui le veut que l’expérience est assez facilement reproductible... (donc scientifique ?...) :=) Et je persiste à croire que quand ils « nous » veulent, ils doivent se décarcasser avec un peu plus d’énergie... Bon.

Deuxièmement, on voit qu’on peut berner (restons corrects, j’allais écrire autre chose) à peu près n’importe qui, même quelqu’un dont le pouvoir n’est a priori pas l’un des moindres sur cette planète, juste en lui faisant du chantage. Il paraît que les ligues féministes américaines ont « défendu » Monica en disant que ce qu’elle avait fait pour Bill était un vrai travail qui aurait justifié des congés payés. Moi, je trouve surtout que c’est une sacrée garce (et pas le féminin de garçon...). Sexuellement, je m’en fous. Sur l’éthique, je trouve que c’est une garce. Mais dans le même registre, il y a Starr, preuve que les comportements abjects sont présents à droite et à gauche, chez les femmes et les hommes. Ils prennent simplement la place plus ou moins béante laissée par l'absence d'éthique.

Troisièmement, il y a la plus importante. Hillary. Celle qui va sauver son mari. Qui l’aime assez pour ça. Qui aurait aussi pu le tuer, en partant. Moi, je veux bien qu’on dise que c’est par goût du pouvoir ou du fric mais c’est une fille pas bête, et à mon avis assez jolie et bien élevée pour être en mesure d’accompagner n’importe quel richissime homme de pouvoir. Ce que je crois, c’est qu’elle aime probablement assez son coureur de jupons de mari pour lui pardonner. (En l’occurrence, à la lecture du rapport, la seule chose qu’elle ait à lui pardonner, c’est surtout de s’être fait « couillonner », comme on dit... Ca serait arrivé à mon mari, et je le dis d’autant plus sincèrement qu’il peut lire mes mails, j’aurais essayé de le tirer d’affaire plutôt que de l’enfoncer...). Et qu’elle le savait depuis longtemps, que c’était un coureur de jupons. Épouse, c’est peut être moins brillant, moins moderne, moins excitant, mais c’est nettement plus fort que maîtresse. En un sens, je pense qu’elle constitue un sacré exemple.

Quatrièmement, il y a les mamans de tout ce beau monde. Et là, pardon, mais je trouve que nous, les mamans, on a un sacré pouvoir. D’élever nos enfants en leur insufflant un minimum de valeurs... Même si l’on a tendance à penser, en cette fin de siècle, que père et mère ont des rôles parfaitement confondus, l’expérience tend quand même à prouver le contraire... Et moi, je ne serais vraiment pas fière d’être la maman de Starr ou de Monica...

Comme disait l’un des éditoriaux de Femiweb, le 21 ème siècle sera féminin... Forcément... Vous allez même jusqu'à prendre du Viagra pour ne pas risquer de nous déplaire... :=)

Elisabeth Dielh (Editorialiste de FemiWeb, animatrice de femiliste)


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