La petite famille
 

Une femme et son temps

Retour à la page sommaire

L'OEIL ET LA PLUME
Chronique du réel
Tiré de l'édito d'Elizabeth Semaine du 10 au 17 mai 1999

Passer partout après lui

Ah ! La faute des mamans… J'ai effectivement connu les deux modèles. Passer après ? Rires… Après le bain pour vider la baignoire, après le rasoir pour rincer le lavabo, après partout pour éteindre, après le bricolage pour récupérer les outils, après le petit déjeuner histoire de décoller le bol pendant qu'il en est encore temps, après les chaussettes… Bon, c'est un intellectuel, mais quand même !
J'ai connu l'autre modèle, maniaque en tout. Il était maniaque et habitué à tout faire parce que sa mère, elle ne passait derrière personne… Ca, sa mère l'avait habitué. Quand elle faisait des frites, l'un de ses enfants allait chercher les pommes de terre, l'autre les épluchait, le troisième les lavait, son mari les faisait cuire… Bon, lui, il était maniaque. Il adorait passer l'aspirateur, histoire de me faire remarquer que ça n'était encore pas fait, et histoire de bien enfoncer le clou, il laissait les chaises sur la table… Un grand sens du spectacle… Mais il passait perpétuellement " derrière " moi. Pour vérifier. Que c'était propre, que la serviette était repliée réglementairement, que pas un cheveu ne traînait, que l'ombre à paupières était bien posée (pas bien rangée dans la trousse ou l'armoire de toilette, non, bien posée sur la paupière…). Et ça, c'est énervant. Non. Pas énervant. Horripilant !
Alors, la faute des mamans ? Pas seulement. Mais il y a sûrement une (grande) part de vrai, dans tout ça. D'ailleurs, on constate aisément que les religions nous enseignent pas mal de règles de bien-vivre. Tu ne tueras pas, entre autres… Et je me suis demandée pendant pas mal de temps pourquoi les religions trouvaient répréhensible de vivre ensemble sans être marié. Maintenant, j'ai trouvé. Si on ne vit pas ensemble trop vite, on a des chances de voir vivre un peu sa future belle mère. Et si on constate que sa future belle mère passe son temps avec une éponge à la main, se lève de table à la moindre injonction de son mari ou de ses fils, si on constate que le bébé de sa future belle mère ne fait pas son lit quand il est en vacances chez elle trouvant toujours normal, à 35 ans, que ce soit elle qui le fasse, aïe aïe aïe, il est temps d'en changer (de future belle mère)…
Maintenant, c'est peut être un peu plus compliqué que ça. Il y a peut être aussi une forme d'incapacité génétique, liée au chromosome Y, à ouvrir une porte de lave vaisselle. Le génome humain n'est pas encore tout à fait découvert, et la recherche nous le dira. Ca n'est peut être qu'une simple fragilité génétique, mais elle semble transmissible. En tous cas, d'après pas mal de constatations recoupées, vérifiées, émanant des quatre (ou six) coins de l'hexagone, il semblerait que même un homme qui, vigilant, débarrasse la table se contente le plus souvent de poser SON assiette DESSUS.

Mes enfants ? Une catastrophe… Le plus souvent, ils attendent qu'un improbable coup de vent ferment les portes des placards. Cela dit, pour l'instant, ILS se relèvent pour les refermer.

Elisabeth Dielh (Editorialiste de FemiWeb, animatrice de femiliste)

 


Contact - Top - Légal - Promouvoir FemiWeb

Copyright © 1998-2003 FemiMedia All Rights Reserved