La petite famille
 

Une femme et son temps

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L'EDITO
L'édito du 23 février au 2 mars 2000

Le séjour à la carte

Une étude française a tenté de comparer le point de vue des professionnels d'une maternité à celui des accouchées sur la durée de leur séjour après un accouchement normal.
Il s'agissait de vérifier si les raisons qui poussent les professionnels à indiquer une sortie à J4-J5 étaient reconnues comme valables par les intéressées.
Les personnels de santé étaient interrogés sur les compétences des femmes constatées ou supposées, sur ce qui leur paraissait être la durée idéale du séjour obstétrical et sur les motifs pouvant justifier de porter cette durée au delà de trois jours.
Les femmes interrogées, à J3 puis à J5, avaient accouché par les voies naturelles d'enfants de plus de 2500 g. On leur demandait comment elles se sentaient, fatiguées ou pas, comment elles estimaient leurs propres compétences, pour l'allaitement, les soins à leur bébé, et ceux de l'épisiotomie et si elles pensaient utile de prolonger leur séjour à la maternité.
Seriez vous surpris si on vous apprenait que les deux catégories n'ont pas la même perception des choses ?
Parmi les professionnels, un tiers estimait que la majorité des jeunes accouchées ne savaient pas faire la toilette de leur bébé et ils étaient encore plus nombreux à être certains qu'elles ne sauraient pas faire les soins du cordon.
Les femmes elles, s'en estimaient toutes capables.
Il en allait de même pour ce qui est de savoir préparer un biberon ou déterminer la quantité de lait à donner à bébé.
Seuls 20% des professionnels estimaient les femmes en mesure, à J3, de se faire les soins de l'épisiotomie. Interrogées, les femmes s'estiment, à près de 80 %, capables de le faire.
Concernant la durée du séjour, les professionnels sont tous favorables à une durée supérieure à 3 jours, 4 jours pour les obstétriciens, 5 jours pour les autres.
Les femmes interrogées à J3 étaient prêtes, à 44%, à sortir immédiatement. Quand on les interroge à J5, elles sont 70% à vouloir sortir.
Les mamans qui ont plusieurs enfants sont plus pressées de sortir que celle dont c'est le premier accouchement.
Interrogées sur la fatigue physique et les difficultés psychologiques, les mères se disent plus fatiguées, manquant d'entrain et d'appétit plus souvent à J15 qu'à J3 ou J5. Il y a du manque de sommeil là dedans.
Et pourquoi donc est ce que l'on veut les garder hospitalisées ?
Pour assurer leur éducation.
Leur apporter un sentiment de sécurité.
Etablir la relation mère-enfant, dépister les difficultés d'allaitement.
Dépister les dépressions du post partum.

Voilà donc une étude à faire lire dans les maternités.
Il n'y a pas plus de risque de ré-hospitaliser un bébé ou une maman quand on la laisse sortir à J3. Elle n'abandonne pas plus facilement l'allaitement et notre expérience personnelle nous pousserait plutôt à penser qu'elle aurait moins de raisons de l'abandonner. En effet, posez, en clinique, une question concernant l'allaitement à trois professionnels, vous obtiendrez trois avis différents.
De nombreux pays européens, sans aller dans les travers américains, ont opté pour une durée plus courte. Le relais à domicile est assuré par des sages femmes ou un personnel social formé pour assister et dépister dans la semaine qui suit la sortie.

Il est probable que nous avons des efforts à faire pour mieux apprécier les compétences des accouchées et les professionnels de santé évoluant à l'extérieur des maternités.
Ensuite, il nous reviendra d'adapter les durées de séjour à des situations de risque spécifique.

Albert Ohayon, staff de FemiWeb

 

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