Introduction
Un futur médecin, comme sans doute une future mère, entre à la
Maternité en se conformant aux habitudes prises : elles lui
apparaissent venues de l’expérience et de la science de ceux à qui
l’un et l’autre confient leurs soucis, soit d’apprendre au mieux, soit
de protéger la vie de leur enfant dans les meilleures conditions.
En début d’internat, une unanimité me parut évidente entre praticiens
et parturientes pour offrir un lit pendant la dilatation, puis agir au
bout du lit pour l’expulsion. Cette unanimité fut, pour moi, rompue par
une Anglaise qui accouchait en terre de France. La sage-femme vint me
demander de faire l’accouchement, car la jeune femme voulait absolument
rester couchée sur le côté au moment de la naissance, ce qui était
jugé anormal pour la praticienne et expliquait son recours au médecin.
Je réfléchis, et j’acceptai la proposition britannique. Elle
m’obligeait à basculer dans ma tête de 90° toute la mécanique
apprise en cours, ce qui me paraissait un excellent exercice de
géométrie dans l’espace.
Et, my God, tout se passa très bien. Mon maître m’expliqua le
lendemain la pudeur insulaire, que du reste les minijupes des filles et
les sous-marins jaunes des garçons commençaient à battre en brèche.......
jusque sur le continent......
......Depuis, j’ai appris, qu’on recensait autant de positions pour
l’accouchement que pour l’accouplement. Le journal Das Weib, au début
du siècle, en dénombra même 40 !!!